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Actualités : jurisprudence en successions et indivision

Les décisions récentes qui comptent pour les héritiers et les ex-conjoints, expliquées simplement par le cabinet LAWINGS.

Législation — avril 2026

Loi du 7 avril 2026 : une réforme de l'indivision en attente de son décret

La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 entend faciliter la sortie de l'indivision : autorisation judiciaire de vente en cas d'urgence inscrite dans le Code civil, partage judiciaire rénové et étendu expressément aux époux, partenaires de PACS et concubins, pouvoirs renforcés du juge chargé des opérations. Faute de décret d'application, elle n'est pas encore applicable.

Lire notre décryptage complet de la réforme →

Partage · Attribution préférentielle — 10 juin 2026

Attribution préférentielle : la soulte ne porte intérêts qu'à compter du partage définitif

Cass. 1re civ., 10 juin 2026, n° 25-10.907

Les faits

Dans le cadre d'un partage judiciaire, un bien immobilier indivis avait été attribué à l'un des indivisaires, à charge pour lui de verser une soulte à l'autre. La cour d'appel avait fait courir les intérêts de cette soulte à compter du jugement ayant ordonné l'attribution.

Ce qu'a jugé la Cour de cassation

La Cour de cassation censure cette analyse : la soulte due par l'attributaire préférentiel ne produit intérêts qu'à partir du partage définitif, et non à compter de la décision qui prononce l'attribution.

Ce que cela change pour vous : Pour celui qui garde le bien, la date du partage définitif conditionne le coût final de la soulte. Pour celui qui attend son paiement, il faut anticiper cette période et, le cas échéant, négocier un calendrier ou des garanties dans l'accord de partage.

Pour aller plus loin : L'attribution préférentielle · Le calcul de la soulte après divorce

Divorce · Indemnité d'occupation — 12 juin 2025

Indivision après divorce : l'indemnité d'occupation cesse quand l'occupation cesse, pas au partage

Cass. 1re civ., 12 juin 2025, n° 23-22.003

Les faits

Après leur divorce, deux ex-époux restaient propriétaires de l'ancien domicile conjugal, bien commun. L'un d'eux, qui en avait eu la jouissance, avait été condamné par la cour d'appel à verser une indemnité d'occupation mensuelle jusqu'au partage.

Ce qu'a jugé la Cour de cassation

La Cour de cassation rappelle que l'indemnité d'occupation suppose une jouissance privative effective du bien. Les juges devaient donc vérifier si l'occupation avait pris fin : l'indemnité cesse d'être due à la restitution effective du bien aux autres indivisaires, et non à la date du partage.

Ce que cela change pour vous : L'ex-conjoint qui quitte le logement a tout intérêt à formaliser son départ et la remise des clés (lettre recommandée, état des lieux, courrier d'avocat). À l'inverse, celui qui réclame l'indemnité doit établir la durée réelle de l'occupation.

Pour aller plus loin : L'indemnité d'occupation · Le logement après le divorce

Succession · Assurance-vie — 19 décembre 2024

Assurance-vie : l'intérêt de l'héritier n'est pas un critère des primes manifestement exagérées

Cass. 2e civ., 19 décembre 2024, n° 23-19.110

Les faits

Une mère avait versé environ 275 000 € sur un contrat d'assurance-vie au profit d'une association, soit près de 78 % de son patrimoine. Sa fille unique demandait que ces primes soient jugées manifestement exagérées. La cour d'appel lui avait donné partiellement raison en relevant notamment la volonté de la mère de priver sa fille de ses droits.

Ce qu'a jugé la Cour de cassation

La Cour de cassation casse l'arrêt : le caractère manifestement exagéré des primes s'apprécie au regard des seules facultés du souscripteur au moment du versement (âge, situation patrimoniale et familiale, utilité du contrat pour lui), et non en fonction de l'intérêt de l'héritier ou de l'atteinte portée à sa réserve.

Ce que cela change pour vous : Pour contester une assurance-vie, il ne suffit pas de démontrer que l'héritier est lésé. Il faut reconstituer précisément la situation financière du défunt à la date de chaque versement, d'où l'importance d'obtenir les pièces du contrat et les relevés bancaires.

Pour aller plus loin : Les critères des primes exagérées · Obtenir les informations sur le contrat

Indivision · Crédit immobilier — 26 janvier 2022

Rembourser seul le crédit du bien indivis ouvre droit à une créance contre l'indivision

Cass. 1re civ., 26 janvier 2022, n° 20-17.898

Les faits

Un indivisaire avait réglé personnellement les échéances de l'emprunt ayant servi à acquérir le bien indivis, et en demandait la prise en compte lors du partage.

Ce qu'a jugé la Cour de cassation

La Cour de cassation juge que le paiement des échéances de l'emprunt ayant permis l'acquisition du bien indivis constitue une dépense nécessaire à la conservation de ce bien, qui ouvre droit à une indemnité au profit de l'indivisaire qui l'a acquittée avec ses deniers personnels.

Ce que cela change pour vous : C'est une décision clé pour les couples séparés : l'ex-conjoint qui continue seul de payer le crédit après la séparation peut faire valoir une créance au partage. Il faut conserver toutes les preuves de paiement et distinguer la période du mariage, souvent régie par d'autres règles, de la période postérieure.

Pour aller plus loin : Qui paie le crédit en indivision ? · Les comptes entre ex-époux

Les décisions présentées sont résumées et commentées à des fins d'information générale. Leur portée dépend des circonstances de chaque affaire ; elles ne se substituent pas à une consultation. Page mise à jour le 29 septembre 2026.

Les informations de cette page sont données à titre général et ne remplacent pas une consultation. Chaque succession et chaque indivision ont leurs particularités ; les montants cités sont ceux en vigueur à la date de mise à jour de la page.

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